La lutte contre le sida cordifolia

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Ces dernières décennies, au Niger, les effets du changement climatique se sont traduits par une insuffisance de plus en plus accrue de pluies. A cela s’ajoute la pression démographique avec des pratiques pastorales nuisibles sur les forêts riveraines des agglomérations. Ces facteurs concourent gravement à la non sécurisation des pratiques de l’élevage en général et de l’élevage extensif en particulier avec une tendance à la baisse continue de la disponibilité fourragère et une forte régression sélective de meilleures espèces.

La vallée du GoulbiN’Kaba, département de Mayahi, Région de Maradi/Niger, est un important écosystème forestier qui sert de résilience aux populations riveraines et leur cheptel. Mais ce dernier est confronté depuis quelques années, à d’importantes contraintes dont entre autres la prolifération dans les espaces pastoraux d’une espèce herbacé colonisatrice et non appétée par les animaux : le Sida cordifolia. En effet, cette espèce(famille des malvaceae)est décrite comme une herbacée nuisible des zones tropicales (originaire de l’Inde). Elle se propage par les semences et affectionne les jachères, les parcelles cultivées ainsi queles aires de pâturage et qui boucle son cycle phénologique en une saison pluvieuse (Chaibou, 2000). C'est une plante herbacée annuelle et pérenne dressée qui peut atteindre 1,5 m de hauteur.

Cette espèce occupant plus de 2/3 de l’espace pastoral du GoulbiN’Kaba a fait l’objet d’une campagne de lutte menée par le Projet d’Appui à la Surveillance du Doum et au Renforcement de ses Filières PASDRF-II depuis 2017.

Moussa Mazadou est un village de la  commune de Mayahi qui présentait une situation ou les terres pastorales utilisées sont envahies par le sida cordifilia.  Les espèces d’herbes très appréciées des animaux étaient en voie de disparition pour faire place au sida cordifolia. En 2017, la production de la biomasse du site du village est évaluée à 650 Kg/ha dont 50% de contribution du sida cordifoliia. Conscient de cet état de fait, la communauté du village s’est mobilisée avec l’intervention du PASDRF-II pour restaurer 25 ha de terres pastorales. Cette intervention a permis de mettre en place une structure de gestion et de surveillance et labourer et ensemencer le site avec une espèce très appréciée des animaux (Eragrotistremula(Tchintchiya).

En 2019, les effets suivants sont constatéssur le même site traité:

  • Rendement après traitement : 1040 Kg/Ha dont seulement 2% de contribution du Sida cordifolia ;
  • Carbonne séquestré évalué : 18,571tco2eq (sur 25 ha récupérés) soit 0,742 tco2eq/ha/an (Progede 2004);
  • Retour de la diversité biologique avec 3 autres espèces qui étaient en voie de disparition.
Normal
Quote: 

Une bonne pratique en matière de gestion de ressources pastorales en lien avec la GDT, le changement climatique et la diversité biologique.